On passe devant souvent, on entre rarement. La cathédrale Saint-André mérite pourtant qu’on lui consacre une heure. Presque 1 000 ans d’histoire, deux mariages royaux, un clocher construit séparément pour éviter une rivière souterraine, et un trésor reconstitué contre toute attente. On a tout à y découvrir.
La cathédrale Saint-André de Bordeaux : repères historiques
Consacrée en 1096 par le pape Urbain II
L’église primitive remonte au IIIe siècle. La cathédrale telle qu’on la connaît a été consacrée le 1er mai 1096 par le pape Urbain II, en tournée pour prêcher la Première Croisade. La reconstruction dans le style gothique court du XIIe au XVIe siècle, soit près de 400 ans de travaux. Une longévité de chantier qui explique le mélange de styles que l’on observe aujourd’hui.
Elle est classée monument historique et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Deux mariages royaux entre ses murs
La cathédrale a servi de cadre à deux unions qui ont changé le cours de l’histoire :
- 1137 : le mariage d’Aliénor d’Aquitaine, alors âgée de 15 ans, avec le futur Louis VII, roi de France
- 1615 : le mariage d’Anne d’Autriche, Infante d’Espagne, avec Louis XIII, roi de France et de Navarre
Cinq siècles séparent les deux cérémonies. La cathédrale les a toutes deux vécues entre les mêmes murs.
La Révolution et le magasin à fourrage
Pendant la Révolution, la cathédrale est transformée en magasin à fourrage. Le mobilier est pillé, les œuvres dispersées. Un incendie aggrave les dégâts au XIXe siècle. C’est là que les ennuis commencent… et se finissent, grâce à un bordelais monté à Paris.
Le curé Barthélémy Marcadé, amateur d’art éclairé, passe cinquante ans à chiner des tableaux, statues, objets liturgiques et enluminures datant des XIVe au XVIIe siècles. À son retour à Bordeaux en 1947, il en fait don à l’État. C’est ce trésor, reconstitué pièce par pièce, qui est visible aujourd’hui.
Ce qu’on voit à l’intérieur
L’architecture gothique de la nef
La nef, construite au XIIe siècle, reflète le gothique angevin. Elle est modifiée au XIIIe siècle pour s’inscrire dans le style gothique rayonnant. Résultat : des voûtes hautes et lumineuses, des arcs en ogive, une sensation de verticalité qui impose le silence naturellement.
Le déambulatoire remonte à vers 1280 et a été raccordé à la nef vers 1330. Le chœur et les chapelles rayonnantes datent du XIVe siècle, financés en partie par Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux devenu pape sous le nom de Clément V.
Les portails et les sculptures à observer
Trois portails ornent la cathédrale. Le portail royal, ouvert dans le mur nord de la nef, évoque l’apogée du gothique français du XIIIe siècle. Les sculptures qui l’entourent sont parmi les plus fines de l’édifice.
À l’intérieur, on note aussi :
- Des peintures murales funéraires
- Des albâtres de Nottingham
- Une crucifixion du peintre flamand Jacob Jordaens
- Des grilles du XVIIIe siècle
- Les grandes orgues, parmi les plus importantes de la région
Le trésor de la cathédrale
Le trésor est accessible à la visite tous les jours de 14h à 19h (10h à 13h et 14h à 19h en été). Entrée : 2€, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. C’est là qu’on retrouve la collection constituée par Barthélémy Marcadé : une des plus belles collections d’art liturgique de France pour un monument de cette taille.
La Tour Pey-Berland : le clocher séparé de la cathédrale
La Tour Pey-Berland mérite une mention spéciale. Ce clocher indépendant, construit en 1440, n’est pas accolé à la cathédrale. La raison ? Une rivière souterraine passe sous la place, rendant impossible toute fondation solide pour un ouvrage lourd à cet endroit.
La tour mesure 50 mètres. En 1863, le cardinal Donnet la couronne d’une Vierge, Notre-Dame d’Aquitaine. Le bourdon, accroché en 1853, pèse 11 tonnes : c’est le quatrième de France. La montée requiert 229 marches, récompensées par une vue exceptionnelle sur les toits de Bordeaux.
Infos pratiques pour visiter la cathédrale Saint-André
| Info | Détail |
|---|---|
| Adresse | Place Pey-Berland, 33000 Bordeaux |
| Horaires (oct. à mai) | Lun-dim 10h-12h30 et 14h-17h30, fermé le lundi |
| Horaires (juin à sept.) | Tous les jours 10h-13h15 et 14h-18h |
| Fermeture | 1er janvier, 1er mai, 25 décembre |
| Tarif trésor | 2€, gratuit moins de 12 ans |
| Visites guidées | Mercredis et samedis de 14h30 à 17h30 (2€) |
| Accès tram | Ligne B, arrêt Pey Berland |
| Accessible PMR | Oui |
FAQ sur la cathédrale de Bordeaux
La cathédrale de Bordeaux est-elle gratuite ?
L’accès à la cathédrale est gratuit. La visite du trésor est payante : 2€ par personne, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.
Quelle est la différence entre la cathédrale Saint-André et la Tour Pey-Berland ?
Ce sont deux édifices distincts sur la même place. La Tour Pey-Berland est le clocher de la cathédrale, construit séparément en 1440 car une rivière souterraine empêchait de le coller à la cathédrale. La tour se visite séparément, avec une billetterie propre.
Pourquoi la cathédrale Saint-André est-elle classée UNESCO ?
Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998 au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec la Basilique Saint-Michel et la Basilique Saint-Seurin. Bordeaux est une étape importante sur la route du pèlerinage de Compostelle depuis le Moyen Âge.
Peut-on assister à une messe à la cathédrale Saint-André ?
Oui. La cathédrale est un lieu de culte actif. On peut aussi explorer les autres églises remarquables de Bordeaux à quelques pas de là. Les horaires des messes sont consultables sur le site officiel cathedrale-bordeaux.fr.